Bienvenue sur les BD du Chat Noir

Ce blog est destiné aux amateurs de bandes dessinées en tout genre. Ils s'agit tant de mettre en avant des coups de coeurs que de faire un éclairage spécifique sur une oeuvre ou l'actualité.

Ce blog est né de la volonté de partager ma passion pour le neuvième art.
A l'heure où la bande dessinée voit ses limites constamment repoussées, alors qu'elle mute et qu'on la trouve sur toute sorte d'écran, lorsqu'à l'échelle de notre petite planète les genres fusionnent et donnent ainsi de nouvelles générations prometteuses, nous sommes conscients que la bande dessinée est en train de vivre des heures nouvelles. Sorti de l'enfance, cet art longtemps décrié est en train de passer le cap de l'adolescence, un magma bouillant d'énergies, d’innovations et d'envies.
C'est cette aventure que nous souhaitons partager.
Affichage des articles dont le libellé est BD Asie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est BD Asie. Afficher tous les articles

mardi 29 novembre 2011

Nankin

© Nicolas MEYLAENDER, Zong KAI, Editions Fei

A Nankin, un avocat recherche des informations sur le massacre qui fut perpétré en cette ville par l'armée japonaise en décembre 1937. Alors, ancienne capitale de la Chine Nationaliste de Chang Kai-Chek, la ville fut le lieu d'humiliations, de viols, d'exécutions arbitraires qui se sont abattues sur la population civile. En six semaines, le « Massacre de Nankin » fera plus de 300 000 victimes.
Notre avocat est sur les traces de Xia Shuqin qui était alors âgée de 7 ans. Nous le suivons alors qu'il recueille les divers témoignages qui lui permettront de constituer le dossier de cette femme. Au fur et à mesure des rencontres, on entrevoit sous différentes facettes les horreurs de ce massacre.

© Nicolas MEYLAENDER, Zong KAI, Editions FEI
Tirée d'une histoire vraie, ce manhua a sans nul doute la vocation d'un message universel à l'encontre du négationnisme. Brandissant le devoir de mémoire, il réveille en nous la vigie qui sommeille. La plongée dans cette Chine tourmentée ouvre nos yeux d'occidentaux sur d'autres expressions de ce que peut donner l'homme au sens barbare du terme. Un coup de fouet qui permet de relever la tête.

L'album utilise trois tons pour donner l'ambiance : le gris pour la narration, le bleu pour le présent, le rouge pour le passé. L'utilisation des aplats pour ces trois couleurs nous donne l'impression d'être devant des estampes. Cette sensation est renforcée par le trait marqué et puissant de Zong KAI. La gestion des ombres et l'utilisation de ce rouge sang omniprésent nous acculent à ce drame. Aussi, lorsque l'on tombe sur les pleines pages, le flux d'émotions est quasi-insupportable et lorsqu'enfin le ciel bleu pointe, on reprend sa respiration.
Les éditions Fei signent ici un one shot saisissant à vocation documentaire. On retrouve cet opuscule toujours dans le format italien distingué qui leur est cher.

© MEYLAENDER, KAI, Editions FEI







Nankin, Nicolas MEYLAENDER, Zong KAI, Editions Fei , 2011

mardi 15 novembre 2011

Gringo

© Osamu TEZUKA, Kana 

Dans un monde où la concurrence est féroce, entraîné de mutation en mutation, Hitoshi Himoto atterrit dans la république bananière de Santa Luna. Il y découvre un autre monde : dictature, misère, corruption, insurrection. Désormais considéré comme le "gringo", Hitoshi devra faire face à de multiples obstacles pour négocier avec les rebelles l'accès, l'achat et l'export de précieux minerais tout en louvoyant parmi les politiques locaux et sa hiérarchie ! 
Ce manga, s'il montre le déterminisme d'un homme prêt à tout pour réussir, aborde également le problème de la différence, de la nationalité. L'homme malgré ses convictions n'en sortira pas indemne.
Dans son introduction de l'Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien, Marc Bloch écrivait : "L’inachevé, s’il tend perpétuellement à se dépasser, a, pour tout esprit un peu ardent, une séduction qui vaut bien celle de la plus parfaite réussite." Nous sommes bien là devant un manga inachevé. Osamu TEZUKA a laissé ainsi plusieurs oeuvres de la sorte derrière lui. Paradoxalement, il s'agit bien d'une des oeuvres les plus réussies de Tezuka. 

© Osamu TEZUKA, Kana 
Peut-être est-ce dû au fait qu'il a mis beaucoup de lui dedans. Car si l'histoire se passe principalement en Amérique Latine, c'est un prétexte pour parler du Japon, de lui en tant que japonnais. Lui le "Dieu du manga" au Japon, mais un simple japonais dans un autre pays. La construction du personnage central Hitoshi Himoto (le nom veut dire "le japonais") en dit long : un talentueux directeur d'une multinationale qui se dévoue corps et âme à son entreprise. Un bourreau de travail faustien comme Tezuka a pu l'être. "S'il te plaît, laisse moi travailler", c'est ainsi qu'à la fin l'auteur suppliait son propre corps sur son lit d’hôpital. L'ex-médecin qu'il était n'avait cependant guère d'illusions sur son devenir. 
C'est une réussite également, car le maître est au sommet de son art. Deux ans avant d'attaquer Gringo, Tezuka vient de finir son chef d'oeuvre l'Histoire des 3 Adolfs. Que ce soit au sens narratif ou graphique, il est vraiment le "Dieu du Manga". Nous sommes devant les dessins d'un Tezuka mûr, il y a un dynamisme fou qui ressort de ce manga.
Gringo nous emmène au coeur d'une intrigue politico-financière de haut vol mais toujours avec le style inimitable du maître du manga.

Gringo, Osamu TEZUKA, Kana, Sensei, 2009

mercredi 2 novembre 2011

Le Chien Gardien d'Etoiles

© Le chien gardien d'Etoiles, Takashi MURAKAMI, Edition Sarbacane / Futabasha
Dans un terrain vague, une voiture est abandonnée. A l'intérieur, la police retrouve le cadavre d'un homme  et à ses pieds celui d'un petit chien. L'homme serait là depuis plus d'un an, le chien depuis seulement trois mois.
Ce manga bouleversant est composé de deux histoires qui se rejoignent.
La première est celle de cet homme et de son chien. L'arrivée du chien dans la famille correspond à un point de départ. Celui qui le mènera d'une vie familiale heureuse à la déchéance. Le héros est pris en otage par la vie et il glisse vers une irréversible chute. Fuyant cette société, il part sur la route avec sa voiture sans retour possible. Avec lui son seul soutien : le petit chien. 
La seconde histoire est celle d'un assistant social qui suite à la trouvaille des policiers va faire son enquête pour organiser les funérailles de cet homme. L'enquête n'est pas simple et il a du mal à trouver les traces de cet individu. Comprenant la relation que l'homme et le chien entretenaient, cela réveille en lui certains démons. Il ira jusqu'à prendre congés pour mener à bien cette mission expiatoire.
Apologie du rapport entre l'homme et la bête, cette fresque dépeint sans amertume la dureté de notre société. Elle exprime avec simplicité comment les choses peuvent tourner. Pour autant, il y a une forte symbolique manichéenne à travers la quête salvatrice de l'assistant social. Aussi, au sortir de ce livre, nous ne sommes pas dépourvus d'espoir, bien plus nous sommes gonflés d'humilité. Un flagrant délit d'humanité.
Le dessin de Takashi MURAKAMI, s'il parait simpliste aspire à un léger réalisme. Du fait la narration est fluide et l'on glisse à notre tour dans cette histoire avec beaucoup d'émotions.
Un premier manga très réussi pour les éditions Sarbacane, réalisé dans les règles de l'art. Une bien belle édition pour ce road movie bouleversant.

© T. MURAKAMI / Futabasha










Le chien gardien d'étoiles, Takashi MURAKAMI, Sarbacane, 2011, 17€50.

dimanche 30 octobre 2011

La Montagne Magique

©  TANIGUCHI Jiro / Castreman
Ken'Ichi et sa soeur, orphelins de père, sont confiés à leurs grand-parents alors que leur mère est hospitalisée... Un tableau bien sombre pour un début d'histoire et surtout pour de jeunes enfants!
Jirô TANIGUCHI réussi ici une oeuvre d'une rare beauté esthétique et une merveille au niveau de la narration. Il y a toujours chez lui un profond cri d'espoir, de quoi redonner confiance dans le genre humain. Les émotions incroyablement fortes qui émergent de ses histoires, remuent les entrailles et provoquent les larmes.
Voici encore une tentative du maître TANIGUCHI pour se rapprocher de la bande dessinée occidentale. Il inscrit cette fois son trait fin dans un format franco-belge et en couleur. Mais si la magie opère s'est bien grâce à la touche du maître, car le flux des émotions est saisissant. 


La Montagne Magique, Jirô Taniguchi, Casterman, 14.95€

samedi 29 octobre 2011

Chi une vie de Chat

© 2004 Konami Kanata / Kodansha Ltd.
Bonjour à tous pour commencer ce blog des BD du Chat Noir, nous nous devions de commencer par un manga qui parle de chat : Chi une vie de Chat (Glénat Kids).
Véritable OVNI dans la production de cette année Chi excelle dans le genre kawaii (mignon au Japon). Dans un marché du manga arrivé à maturité, cherchant à élargir son public, Glénat cible ici les plus petits et à travers eux la famille.
Publié dans la jeune collection "Glénat Kids", Chi est en sens de lecture français pour ne pas contrarié nos jeunes écoliers et 100% en couleur ce qui est très rare dans le manga. Les dernières pages proposent un marque page découpable, des goodies et des jeux.
Six tomes sont déjà publiés, un premier manga "trop mignon".
A partir de 7 ans.



Pour les curieux (merci Nadège) :
Chi une vie de chat, Kanata KONAMI, Glénat Kids, 10,55€