Bienvenue sur les BD du Chat Noir

Ce blog est destiné aux amateurs de bandes dessinées en tout genre. Ils s'agit tant de mettre en avant des coups de coeurs que de faire un éclairage spécifique sur une oeuvre ou l'actualité.

Ce blog est né de la volonté de partager ma passion pour le neuvième art.
A l'heure où la bande dessinée voit ses limites constamment repoussées, alors qu'elle mute et qu'on la trouve sur toute sorte d'écran, lorsqu'à l'échelle de notre petite planète les genres fusionnent et donnent ainsi de nouvelles générations prometteuses, nous sommes conscients que la bande dessinée est en train de vivre des heures nouvelles. Sorti de l'enfance, cet art longtemps décrié est en train de passer le cap de l'adolescence, un magma bouillant d'énergies, d’innovations et d'envies.
C'est cette aventure que nous souhaitons partager.

dimanche 25 décembre 2011

La Horde du Chat Noir N°8

François ROUSSEL









Je lance un défi aux dessinateurs de BD qui s'aventureraient sur ce blog. Plus qu'un défi, une aventure, constituer :

"La horde du Chat Noir"

Le principe est simple. Dessinateur cours à tes crayons, feutres, pinceaux. Armé de ton talent concocte nous un chat noir dont tu as le secret. Je me charge de régaler de manière régulière le cher public de ce blog de son Chat Noir, une caresse dans le sens du poil. L'ensemble de ces chats noirs se retrouveront ici et constitueront : la Horde du Chat Noir.
Preux dessinateur merci pour ton audace.


François Roussel
Pour vous souhaiter de bonnes fêtes à tous, François Roussel a la gentillesse de nous proposer une ballade bucolique en compagnie de deux de ses chers et tendres personnages (l’ornithorynque squizo dépressif et Jean-Emmanuel la fourmi tarée) qui sont accompagnés pour l'occasion d'un élégant Chat Noir.

François Roussel est l'auteur de l'irrésistible série Des Bêtes (Cf. sur ce blog la chronique du 06/11/11 : http://lesbdduchatnoir.blogspot.com/2011/11/des-betes.html).
J'en profite pour vous montrer le merveilleux travail qu'il fait sur chacune de ses couvertures. Si vous cherchez d'autres friandises, allez sur son blog (adresse ci-dessous) où vous trouverez notamment une étonnante galerie d'images détournées consacrée à la propagande de cette série.

Un grand merci à lui.











Des Bêtes, François Roussel, Max Milo
http://roussel-desbetes.blogspot.com/

samedi 24 décembre 2011

Jeanine

© Matthias PICARD, L'Association


17h00 au salon du livre jeunesse de Montreuil, trois jours à arpenter dans tous les sens : les jambes fatiguées, les oreilles en choux fleur,... A deux doigts de capituler, il me fallait un livre à lire dans le métro. Je cible un comic de chez Cornélius. Mon coeur était partagé entre Crumb, Burns ou Clowes. Longtemps hésitant, un type approche et la conversation commence. Le mec vraiment sympa, de bons conseils et puis lui il les a lu quoi. Aussi, je lui lance :

- T'es libraire toi.
- Non, je suis auteur.
- Ah ouais, tu fais quoi?
- Bein, en fait je viens de sortir une BD à l'Association qui s'appelle Jeanine.
- Génial! Oui, j'en ai entendu parler, la couv est rouge. Montre moi ça.
 
Matthias Picard
Il s'appelle Matthias PICARD.
On part s'installer dans un coin. Et, il me raconte. A la base, il est étudiant à l'école des Arts Déco de  Strasbourg, comme bon nombre de dessinateur. Un jour, en regardant à la télé une émission sur la prostitution, Matthias voit une de ses voisines à l'écran. Il est alors médusé et l'envie lui vient de la rencontrer. Il se présente, ils sympathisent et les rendez-vous autour d''un café deviennent rapidement régulier. Passionné par la vie de cette femme, très tôt, il a l'idée d'en faire une bande dessinée, la dame n'a rien contre. Elle préfèrerait un roman!
Matthias rencontre Jean-Christophe Menu qui lui propose tout d'abord d'en publier quelques chapitres dans la revue Lapin et voilà enfin l'ouvrage complet.

En 1964, Jeanine travaille comme placeuse dans un cinéma de Lausanne. Un soir qu’elle rentre tard du travail, une voiture s’arrête à sa hauteur.
« C’est combien ? » lance le conducteur. Voilà comment Jeanine commence sa carrière de prostituée. Aujourd'hui, on l'appelle " Isa la Suédoise ", c'est « la plus grande prostituée de Strasbourg » et elle continue d'exercer.
L'auteur aurait pu se contenter de nous faire défiler la chronologie de la tumultueuse vie de Jeanine. Au lieu de cela, habilement, il nous fait partager leurs entretiens  qui sont autant de flashbacks désordonnés, ce qui donne à l'ensemble un ton naturel et intime, celui d'une  conversation. Il y a aussi, tout ce qui va avec, la vision peut-être pas toujours objective de Jeanine, mais qui laissée en l'état par l'auteur donne un côté romantique.
Matthias Picard a un dessin délicat et expressif ce qui augmente l'émotion et le ton romantique du récit. Certaines parenthèses aux atours naïfs sont pleines de dérisions et un vrai plaisir pour le lecteur.

Un premier album super réussi !

Jeanine, Matthias Picard, L'Association, 2011.

dimanche 18 décembre 2011

La Horde du Chat Noir n°7

Cédric FORTIER


Je lance un défi aux dessinateurs de BD qui s'aventureraient sur ce blog. Plus qu'un défi, une aventure, constituer :


"La horde du Chat Noir"

Le principe est simple. Dessinateur cours à tes crayons, feutres, pinceaux. Armé de ton talent concocte nous un chat noir dont tu as le secret. Je me charge de régaler de manière régulière le cher public de ce blog de son Chat Noir, une caresse dans le sens du poil. L'ensemble de ces chats noirs se retrouveront ici et constitueront : la Horde du Chat Noir.
Preux dessinateur merci pour ton audace.


Merci à Cédric FORTIER pour ce nouveau membre de la horde qui n'est autre que le protagoniste de sa série Braise aux éditions Dargaud dans la collection Poisson Pilote. Il nous prouve encore une fois qu'en matière de noir et blanc, il excelle!

Cédric Fortier ©M.Cabanes
L'univers de cette série est atypique. En effet, on se retrouve dans un conte, un monde fantastique à la Dickens, avec un zest du Magicien d'Oz par ici, un je ne sais quoi de Marry Poppins par là et une ondu Peter Pan de Loisel. Aussi, l'histoire est très originale et est à la fois attrayante et déroutante, car elle fait remonter en nous une foule de souvenirs et d'émotions.
Cédric Fortier fait montre d'une grande maîtrise du clair obscur, son trait influencé par l'underground donne la pointe d'excès qui rythme et donne corps à ce conte noir. 


Muni d’une cornemuse, Braise écume les orphelinats de la ville à la nuit tombée. Il propose aux enfants de les conduire vers un royaume secret et merveilleux : un endroit « supra-fantasmallégorique » sur lequel règne une reine magnifique prête à devenir leur Maman. De fait, les enfants sont conquis et le suive. Prune et son grand frère Janus, frappé de cécité à la suite d’un accident, tombent eux aussi dans le panneau. Mais Prune sent rapidement qu’il y a quelque chose qui sonne faux et à la nuit tombée, elle explore le pays pour découvrir l’autre côté du miroir : une zone faite d’immondices où on exploite des enfants plus âgés et surtout ils servent de nourriture à leur soi-disant Maman. Pas question de se laisser faire.


Cédric finit actuellement le tome 3 tant attendu de cette série qui monte en puissance. L'illustration qu'il a eu la gentillesse de réaliser pour le blog, pourrait bien devenir la quatrième de couverture de ce dernier tome.

©Dargaud Edition
©Dargaud Edition

mardi 13 décembre 2011

L'Art de voler

© A. ALTARRIBA, KIM, Denoel Graphic

Le 4 mai 2001, le père d'Antonio ALTARRIBA se suicide en sautant du quatrième étage de la maison de retraite où il finissait ses jours. Fait assez surprenant pour un vieillard de 91 ans. 
On dit que lorsque la mort vient le résumé de notre existence nous apparait. Usant de ce stratagème, Altarriba se sert de la chute de son père, pour remonter le temps. Chaque étage représentant les différentes époques de la vie de son père au fur et à mesure qu'il tombe.
Pour nous livrer ce témoignage poignant, l'auteur emploie la première personne, justifiant qu'il ne fait qu'un avec son père et ainsi il nous permet de rentrer dans l'histoire. L'histoire de l'Espagne du XXè siècle.
Jeune paysan à la vie rude, il cherche à s'émanciper et fuit vers la ville. Toujours dans la misère, la guerre civile espagnole lui permet de se réaliser au sein des républicains. Un peu plus tard auprès des résistants en France.
Histoire d'un homme embarqué malgré lui dans l'histoire, avec un puissant sentiment d'injustice et voulant faire changer les choses. Sur le chemin, il rencontre des camarades et des compagnons, il ainsi renforce ses idéaux, il s'y accroche même quand le monde s'écroule autour de lui. Toute sa vie, il y croit alors que un à un ses amis décrochent. Même lui est corrompu par cette vie où décidément il ne trouve pas sa place.
Ce roman graphique expiatoire a une force vitale incroyable. On y retrouve un message universel dans la filiation de Maüs. Une volonté de croire en l'homme et ce malgré l'absurdité de la vie. Mieux le rêve d'un homme qui voulait simplement voler.
Le dessin expressif et semi-réaliste de Kim sert à merveille le texte et le met en valeur. Un trait qui à certains moment nous fait penser aux paysages de Crumb.
Un monument!

L’art de voler, Antonio ALATARIBA, KIM, Denoel Graphic, 2011

samedi 10 décembre 2011

La Horde du Chat Noir n°6

Max CABANES
 
Je lance un défi aux dessinateurs de BD qui s'aventureraient sur ce blog. Plus qu'un défi, une aventure, constituer :
"La horde du Chat Noir"
Le principe est simple. Dessinateur cours à tes crayons, feutres, pinceaux. Armé de ton talent concocte nous un chat noir dont tu as le secret. Je me charge de régaler de manière hebdomadaire le cher public de ce blog de son Chat Noir dominical, une caresse dans le sens du poil. L'ensemble de ces chats noirs se retrouveront ici et constitueront : la Horde du Chat Noir.
Preux dessinateur merci pour ton audace.

 

C'est l'éminent Max CABANES que nous remercions aujourd'hui pour ce magnifique Chat Noir. Un clin d'oeil très sympathique de la part d'un compatriote biterrois. Il nous propose, ici, un chat pour le moins affuté, avec un zest d'agressivité. Un "vrai grigou" qui nous lance avec assurance un "Salut Piche!"

© Cabanes, Rodolphe, BD Music
Là, pour les gens du septentrion, il faut traduire. En effet, le mot "piche" est idiomatique et endémique du biterrois. Le mot en lui même désigne tant un attribut masculin proéminant, qu'un crétin. Cependant, il serait réducteur d'en rester là, car être piche ou être un pichou est un état d'esprit, voire une culture, que dis-je une péninsule!

© Cabanes/Manchette, Dupuis
Max Cabanes, en collaboration avec Rodolphe, vient de sortir aux éditions BD Music la biographie de Buddy Holly, star du rock décédé prématurément en 1959, dans un accident d'avion. L'intégrale de La princesse du sang (avec Doug Headline) vient également de sortir dans la collection Aire Libre chez Dupuis, excellente adaptation du roman de Manchette.


Nous tenons à remercier, notre ami l'écrivain Gilles Moraton (http://inventaire-du-monde.over-blog.com/) qui a servi d'émissaire entre le blog et Max Cabanes. Une pensée toute particulière pour lui en ce jour.

mardi 6 décembre 2011

C'est pas du Van Gogh...

© Bruno Heitz, Gallimard


Comme une suite, on retrouve avec plaisir les personnages attachants de J’ai pas tué de Gaulle mais ça a bien failli. Suite à l’affaire précédente, Jean-Paul est toujours en planque chez sa tante Ninine. Les jours sont longs pour ce jeune lion enfermé et dont la seule distraction est de mater les miches de la boulangère en achetant le pain. Aussi, lorsqu’il se rend compte que sa tante écrit un journal, cela retient toute son attention. Cette dernière commence à lui livrer des pans de son existence, de leurs existences. Mais systématiquement, il y a un gouffre, une période qui n’est pas évoquée : l’année 1940. Titillé, Jean-Paul surprend sa tante en train de brûler les cahiers correspondant à cette époque, voulant les sauver de l’autodafé, cette dernière lui flanque une gifle impulsive et désespérée. Ce rendant compte qu’elle est allée trop loin, elle se livre...

© Bruno Heitz, Gallimard
Cette fois l'intrigue de Bruno HEITZ prend source sur le terreau familial. Jean-Paul partant sur les traces de son oncle devient le personnage central de cette enquête aux multiples rebondissements. On suit la progression et les galères de Jean-Paul pas à pas. On l'aime bien ce grand con, il n'en rate pas une, un parfait pigeon. Tous les ingrédients sont là pour un excellent ragoût policier à l’ancienne : une gazinière au bois, de la gnôle, une lettre, une bonne soeur, une nymphomane, des porte-flingues... 

La maîtrise de Heitz dans la construction et la conduite du récit, sa mise en case traditionnelle, la sobriété des couleurs donnent un ensemble homogène et d'une grande fluidité. Une enquête dynamique qui se lit d'une seule traite: du petit lait.

C’est pas du Van Gogh, Bruno Heitz, Gallimard, Bayou, 2011

dimanche 4 décembre 2011

La Horde du Chat Noir n°5

IAH-HEL

Je lance un défi aux dessinateurs de BD qui s'aventureraient sur ce blog. Plus qu'un défi, une aventure, constituer :
"La horde du Chat Noir"
Le principe est simple. Dessinateur cours à tes crayons, feutres, pinceaux. Armé de ton talent concocte nous un chat noir dont tu as le secret. Je me charge de régaler de manière hebdomadaire le cher public de ce blog de son Chat Noir dominical, une caresse dans le sens du poil. L'ensemble de ces chats noirs se retrouveront ici et constitueront : la Horde du Chat Noir.
Preux dessinateur merci pour ton audace.


En ce dimanche ce n'est pas un dessinateur que je me dois de remercier, mais un scénariste : IAH-HEL.

IAH-HEL pris en otage par son univers
Il prouve encore une fois qu'il est autodidacte en bien des domaines. Passionné pour la compréhension du fonctionnement de l'être humain, il écrit et nous livre ainsi sa pensée, ses questionnements, sa façon d'appréhender le monde! D'expériences en rencontres, ses écrits se sont modelés et l'ont porté jusqu'à l'écriture d'un scénario. Au travers des mots, on découvre un univers sombre et tourmenté où la nature humaine a le premier rôle. Un regard incisif sur ce début de XXIème siècle et sur l'homme au sens large du terme. Voici comment il présente Fenice l'oeuvre qu'il a réalié avec Virginio VONA :

Entre songe et réalité….
Imaginez que l’enfer et ses neuf cercles soient omniscients sur terre.
Imaginez une dictature mondiale qui aurait pactisé avec Hadès lui-même et qui a tout pouvoir sur un peuple qu’elle opprime.
Imaginez la nature humaine et « ses côtés bad » poussés à leur paroxysme et régnant de terreur en diktats.
Dans cet univers underground et cyberpunk, FENICE, un immortel se bat contre le pouvoir pour rendre à la justice son vrai visage. 

 © V. VONA & IAH-HEL, 3TPF
Liberté et équité sont les deux lignes directrices de notre héros ! Un super héros pourrait-on croire…. Le croire seulement, car la réalité n’est jamais celle que l’on croit ! 
Fenice « Smoljanovic et le niveau 4 » est une dystopie fantastique dans un avenir indéfini. L’univers porte la BD, Fenice est notre personnage principal.
Le tome 2 du cycle Fenice apporte une suite à l’histoire et parachève la présentation de l’univers ainsi que celle du héros ! 

mardi 29 novembre 2011

Nankin

© Nicolas MEYLAENDER, Zong KAI, Editions Fei

A Nankin, un avocat recherche des informations sur le massacre qui fut perpétré en cette ville par l'armée japonaise en décembre 1937. Alors, ancienne capitale de la Chine Nationaliste de Chang Kai-Chek, la ville fut le lieu d'humiliations, de viols, d'exécutions arbitraires qui se sont abattues sur la population civile. En six semaines, le « Massacre de Nankin » fera plus de 300 000 victimes.
Notre avocat est sur les traces de Xia Shuqin qui était alors âgée de 7 ans. Nous le suivons alors qu'il recueille les divers témoignages qui lui permettront de constituer le dossier de cette femme. Au fur et à mesure des rencontres, on entrevoit sous différentes facettes les horreurs de ce massacre.

© Nicolas MEYLAENDER, Zong KAI, Editions FEI
Tirée d'une histoire vraie, ce manhua a sans nul doute la vocation d'un message universel à l'encontre du négationnisme. Brandissant le devoir de mémoire, il réveille en nous la vigie qui sommeille. La plongée dans cette Chine tourmentée ouvre nos yeux d'occidentaux sur d'autres expressions de ce que peut donner l'homme au sens barbare du terme. Un coup de fouet qui permet de relever la tête.

L'album utilise trois tons pour donner l'ambiance : le gris pour la narration, le bleu pour le présent, le rouge pour le passé. L'utilisation des aplats pour ces trois couleurs nous donne l'impression d'être devant des estampes. Cette sensation est renforcée par le trait marqué et puissant de Zong KAI. La gestion des ombres et l'utilisation de ce rouge sang omniprésent nous acculent à ce drame. Aussi, lorsque l'on tombe sur les pleines pages, le flux d'émotions est quasi-insupportable et lorsqu'enfin le ciel bleu pointe, on reprend sa respiration.
Les éditions Fei signent ici un one shot saisissant à vocation documentaire. On retrouve cet opuscule toujours dans le format italien distingué qui leur est cher.

© MEYLAENDER, KAI, Editions FEI







Nankin, Nicolas MEYLAENDER, Zong KAI, Editions Fei , 2011

samedi 26 novembre 2011

La Horde du Chat Noir n°4

 ELRIC

Je lance un défi aux dessinateurs de BD qui s'aventureraient sur ce blog. Plus qu'un défi, une aventure, constituer : 
"La Horde du Chat Noir" 

Le principe est simple. Dessinateur cours à tes crayons, feutres, pinceaux. Armé de ton talent concocte nous un chat noir dont tu as le secret. Je me charge de régaler de manière hebdomadaire le cher public de ce blog de son Chat Noir dominical, une caresse dans le sens du poil. L'ensemble de ces chats noirs se retrouveront par la suite sur la galerie de ce même blog et constitueront : la Horde du Chat Noir. 
Preux dessinateur merci pour ton audace. 


 © Photo Laurent Mélikian
Un grand merci à ELRIC qui a réalisé le 4ème Chat Noir de la Horde. 

Ce petit personnage si mignon s'appelle Pelotte et c'est le compagnon d'Harold dans Marche où rêve chez Dargaud (Cf. sur ce blog la chronique du 3 novembre). 

Actuellement, Elric écrit et dessine une histoire courte de Popeye pour un album collectif aux éditions Onapratut, sortie courant 2012. Il avait collaboré au préalable pour le même éditeur aux Nouveaux Pieds Nickelés. Ce recueil, regroupant de jeunes talents et de vieux routards de la BD, confrontait les personnages mythiques de Louis Forton au XXIème siècle.

Elric est également en résidence à la Maison des Auteurs à Angoulême pour y développer un projet. C'est un récit intimiste sur un jeune artiste confronté à la réalité économique qui décide de faire des faux tableaux de son illustre ancêtre peintre. Elric assure le dessin et co-scénarise avec son ami romancier François Darnaudet.



mercredi 23 novembre 2011

DoggyBags

© Run, Maudoux, Singelin, Ankama

Le ton est rétro d'entrée. RUN fait une intro à la Frank Miller dans the Dark Knight.
Il évoque d'abord sa jeunesse, puis le côté négatif de la censure qui a sinistré pour plus de vingt ans le monde de la bande dessinée, reléguant le genre à du cartoon pour un public d'enfants. Aussi, c'est chargé d'une certaine nostalgie qu'il finit en faisant l'apologie du comic pour adulte. Défenseur du genre, les BD de Run arborent systématiquement un tampon stipulant : "Disapproved by the Comic Code Authority", détournant ainsi le tampon de la mise à l'index. Comme si cela ne suffisait pas, en roi de la provoc, on retrouve un peu partout des slogans tel que : "Violence 100% graphique".













Ce comic book est un recueil de trois histoires déjantées à souhait. L'ensemble a une forme de road movie à la sauce Tarantino. Et ça dépote.    
Guillaume SINGELIN (King David, The Grocery) entame avec la course poursuite angoissante d'une jeune fille face à une horde de motards lycanthropes assoiffés de sang.
Florent MAUDOUX (Freak's Squeele) nous narre l'histoire de Masiko la dangereuse fugitive qui change systématiquement de planque avec son bébé dans le dos. Toute l'histoire et la fin particulièrement sont un hommage à Lone Wolf & Cub  de Kazuo Koike et Goseki Kojima.
Enfin, RUN (Metafukaz) ferme la danse avec Mort ou vif. Un excellent road movie en milieu désertique où un agent de police poursuit un braqueur et où il n'y a de place que pour la fatalité : "le crime ne paie pas!"
Un ensemble homogène de qualité, stéréotypé american way of life. On a exactement ce qu'on est venu chercher.
Une perle dans le label 619, champ expérimental de Run en tant que directeur de collection. Un beau comic book comme seul Ankama sait les faire, avec en cadeau un poster. Vivement la suite.

La bande annonce tout autant déjantée :


DoggyBags, Run, Florent Maudoux, Guillaume Singelin, Ankama, Label 619, 2011

lundi 21 novembre 2011

Polina

© Bastien, VIVES, Casterman

Polina Oulinov n'a que six ans lorsqu'elle est sélectionnée pour rentrer à l'académie de danse. Repérée par le professeur Bojinski, elle va suivre les enseignements classiques de cet homme strict et rude.
L’enfant - n'ayant pas nécessairement conscience de son potentiel - se heurte à la rigueur du professeur.
Bastien VIVES nous propose un récit intimiste d'une grande densité. Avec simplicité, il évoque le mal-être de cette jeune fille que l'on sent tout à la fois fragile et avec un énorme potentiel.
Il aborde non sans finesse et psychologie le tortueux rapport au maître dans toute son ambiguïté.

Une ambiance particulière règne dans ce roman, cette sensation est amplifiée par le postulat de Vivès. En effet, il gomme les regards de la plupart des personnages, ainsi on ne s'embarrasse pas de l'expression des visages pour seulement suivre la narration. La lecture s'en trouve plus fluide.

© B. VIVES, Casterman
Il opte pour un trait jeté à la Baudouin donnant au personnage de Polina la finesse d'une jeune biche et une incroyable sensualité.

Si Bastien Vivès était considéré comme une jeune révélation lors de la sortie du Goût du chlore, avec Polina  il signe une oeuvre mature qui fera date.




Polina, Bastien VIVES, Casterman, KSTR, 2011

dimanche 20 novembre 2011

La Horde du Chat Noir n°3

Virginio VONA


Je lance un défi aux dessinateurs de BD qui s'aventureraient sur ce blog. Plus qu'un défi, une aventure, constituer :
"La horde du Chat Noir"
Le principe est simple. Dessinateur cours à tes crayons, feutres, pinceaux. Armé de ton talent concocte nous un chat noir dont tu as le secret. Je me charge de régaler de manière hebdomadaire le cher public de ce blog de son Chat Noir dominical, une caresse dans le sens du poil. L'ensemble de ces chats noirs se retrouveront par la suite sur la galerie de ce même blog et constitueront : la Horde du Chat Noir.
Preux dessinateur merci pour ton audace.

Un grand grazie mille à Virginio VONA pour la gentillesse et le brio avec lesquels il a réalisé le 3ème fils de la Horde du Chat Noir. Un chat noir venu directement de l'enfer de Dante.

Virginio VONA et IAH-El ont créé un univers à part. Dans un monde décadent, ou le totalitarisme règne, on suit le parcours de Fenice l'immortel. Fenice est le dernier survivant d'une dynastie intemporelle et il a fauté. Le lecteur est entraîné dans une descente aux enfers, dans une quête frénétique pleine de sensations.
Héritier du cyber punk, les paysages sont parfois des dédales d'architectures qui nous rappellent l'univers de Druillet. On retrouve également dans le dessin de Virginio les influences du comic et du manga. Il entrecroise les techniques pour arriver au rendu souhaité.

 © V. VONA & IAH-HEL, 3TPF
Prêchant cette BD monde, il n'y a qu'à voir l'énergie avec laquelle Virginio dessine pour comprendre qu'il vit le dessin. Son trait est nerveux et ainsi il donne vie à un personnage et à un univers écorché. Les cadrages audacieux, le choix des angles de vue rendent le geste surdimensionné, sublimant ainsi le sens. Surprenant, dans ce monde en noir et rouge, Fenice incarne un espoir poétique.


vendredi 18 novembre 2011

Frenchman

 © Patrick PRUGNE, Daniel Maghen Ed°
Attention ! Préparez-vous à partir à l'aventure. Bien que nous ne plongions pas dans les eaux de Stevenson, nous suivons des rivages proches de son oeuvre. Le voyage qui s'offre à nous siège au coeur des terres de Cooper et est ponctué d'une logique somme toute londonienne.
Suivez l'histoire d'Alban un jeune paysan normand qui se retrouve enrôlé pour la Nouvelle-Orléans. L'implacable vénalité des hommes lui a ravi le peu de chance qu'il lui restait. Outre le fait d'avoir été choisi à la place d'un nobliau, Louis l'amant de sa soeur, à peine arrivé dans le nouveau monde sa tête est mise à prix. Il ne devra son salut qu'à l'intervention d'un homme : un Frenchman (nom donné par les colons américains aux français canadiens, ils étaient généralement des hommes des bois, des éclaireurs réputés). Dès lors les deux comparses fuient et s'enfoncent dans les terres sauvages. C'est pour Alban le début d'une initiation.
Patrick PRUGNE nous offre ici un fort joli scénario qu'il signe en solo. Partant d'un décor normand passif, l'entrée dans le nouveau monde et surtout l'immersion dans les terres sauvages donnent la sensation d'une montée en puissance particulièrement bien servie par des prises de vues variées.
Certains personnages sont façonnés à la taloche, tel cet énigmatique Toussaint Charbonneau, plus proche de l'ours que de l'homme. Certains sont même disgracieux en comparaison avec la beauté foisonnante de la nature.

© P. PRUGNE, D. Maghen Ed°
Depuis Canoë Bay, le dessin de Prugne ne cesse de gagner en maturité. Le trait est d'une finesse rare et Prugne se permet même de le faire disparaître pour nous laisser plonger dans les couleurs. Et quelles couleurs!
Une dualité formidable ressort de ses aquarelles. Si l'on ressent parfaitement l'hostilité de la nature, pour autant, on a le sentiment de prendre une grande bouffée d'air frais. On reste sur une finale mentholée.
On apprécie également l'objet et on reconnait la touche des éditions Daniel MAGHEN. Le célèbre galeriste aurait pu se contenter de faire un beau livre, de concert avec Prugne, ils nous offrent un riche livret de Publier le messagecroquis prolongeant de la sorte cette sensation de fraîcheur mentholée. Difficile de refermer un tel ouvrage.

Frenchman, Patrick Prugne, Daniel Maghen éditions, 2011

mercredi 16 novembre 2011

Partouze Géante!

© Les Requins Marteaux
© Les Requins Marteaux

Angoulême 2011. Ceux qui n'y étaient pas ne peuvent pas comprendre.

Nous étions arrivés le mercredi soir, histoire de prendre nos repères. Vernissage d'expo, petit resto, bar du Chat Noir... Le plaisir et la bonne humeur étaient déjà là. Partout où l'on passait ce tract rose revenait comme un leitmotiv et attirait l’œil comme l’enseigne d'un bordel. N'y croyant pas ! Au départ, nous nous sommes amusés à le lire plusieurs fois.
Les Requins Marteaux pour le lancement de leur collection "BD Cul" invitaient n'importe quel quidam à participer sur leur stand à une partouze Géante sous la "Bulle mes Couilles". Le tout à une heure grand public.
Autant dire que cela fit des gorges chaudes et nous nous improvisâmes les ambassadeurs de cet évènement  en en parlant à tous les copains que l'on croisait.
Le lendemain, à l'heure dite, à la Bulle Mes Couilles, après avoir pris un apéritif décontractant...

Je ne saurai dire ici ce qui c'est réellement passé. Les curieux le trouveront aisément sur le net. Cependant, pour les sales petits vicieux une session de rattrapage est prévue pour la sortie du quatrième tome de la collection Les melons de la colères de Bastien Vivès (auteur du remarquable Polina chez Casterman) :

© Les Requins Marteaux

Pour approfondir et combler le trou (soutenir les Requins) :
Editions des requins Marteaux, Collection BDCul
- Les melons de la colère, Bastien Vivès
- Teddy Beat, Morgan Navarro
- La planète des Vülves, Hugues Micol
- Comtesse, Aude Picault

mardi 15 novembre 2011

Gringo

© Osamu TEZUKA, Kana 

Dans un monde où la concurrence est féroce, entraîné de mutation en mutation, Hitoshi Himoto atterrit dans la république bananière de Santa Luna. Il y découvre un autre monde : dictature, misère, corruption, insurrection. Désormais considéré comme le "gringo", Hitoshi devra faire face à de multiples obstacles pour négocier avec les rebelles l'accès, l'achat et l'export de précieux minerais tout en louvoyant parmi les politiques locaux et sa hiérarchie ! 
Ce manga, s'il montre le déterminisme d'un homme prêt à tout pour réussir, aborde également le problème de la différence, de la nationalité. L'homme malgré ses convictions n'en sortira pas indemne.
Dans son introduction de l'Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien, Marc Bloch écrivait : "L’inachevé, s’il tend perpétuellement à se dépasser, a, pour tout esprit un peu ardent, une séduction qui vaut bien celle de la plus parfaite réussite." Nous sommes bien là devant un manga inachevé. Osamu TEZUKA a laissé ainsi plusieurs oeuvres de la sorte derrière lui. Paradoxalement, il s'agit bien d'une des oeuvres les plus réussies de Tezuka. 

© Osamu TEZUKA, Kana 
Peut-être est-ce dû au fait qu'il a mis beaucoup de lui dedans. Car si l'histoire se passe principalement en Amérique Latine, c'est un prétexte pour parler du Japon, de lui en tant que japonnais. Lui le "Dieu du manga" au Japon, mais un simple japonais dans un autre pays. La construction du personnage central Hitoshi Himoto (le nom veut dire "le japonais") en dit long : un talentueux directeur d'une multinationale qui se dévoue corps et âme à son entreprise. Un bourreau de travail faustien comme Tezuka a pu l'être. "S'il te plaît, laisse moi travailler", c'est ainsi qu'à la fin l'auteur suppliait son propre corps sur son lit d’hôpital. L'ex-médecin qu'il était n'avait cependant guère d'illusions sur son devenir. 
C'est une réussite également, car le maître est au sommet de son art. Deux ans avant d'attaquer Gringo, Tezuka vient de finir son chef d'oeuvre l'Histoire des 3 Adolfs. Que ce soit au sens narratif ou graphique, il est vraiment le "Dieu du Manga". Nous sommes devant les dessins d'un Tezuka mûr, il y a un dynamisme fou qui ressort de ce manga.
Gringo nous emmène au coeur d'une intrigue politico-financière de haut vol mais toujours avec le style inimitable du maître du manga.

Gringo, Osamu TEZUKA, Kana, Sensei, 2009

dimanche 13 novembre 2011

La Horde du Chat Noir n°2

MIC

Je lance un défi aux dessinateurs de BD qui s'aventureraient sur ce blog. Plus qu'un défi, une aventure, constituer :
"La horde du Chat Noir"
Le principe est simple. Dessinateur cours à tes crayons, feutres, pinceaux. Armé de ton talent concocte nous un chat noir dont tu as le secret. Je me charge de régaler de manière hebdomadaire le cher public de ce blog de son Chat Noir dominical, une caresse dans le sens du poil. L'ensemble de ces chats noirs se retrouveront par la suite sur la galerie de ce même blog et constitueront : la Horde du Chat Noir.
Preux dessinateur merci pour ton audace.

Un grand merci à MIC qui a relevé le "Défi du Chat Noir" et nous propose le deuxième fils de la Horde.

MIC est l'auteur de Ma vie de Wouf et de Michel chien fidèle chez Paquet. Ma vie de Wouf, sous l"aspect d'une fresque animalière retrace sa vie d'instit s'impliquant dans la vie de sa commune et s'initiant au joie du blog. Chaque planche est ponctuée par le rire, deux, trois fois, car il a opté pour le périlleux running gag. En trois cases, il nous renvoi un reflet saisissant de sa vie, de notre vie. Son humour est touchant et sans amertume.

Mic travaille actuellement sur le tome 3 de Michel chien fidèle en duo avec STI. Cette série, prépubliée dans le Journal de Mickey raconte un chien dont on voudrait faire un chien de garde. Un rôle dur à assumer pour lui qui préfère les orgies de croquettes.

http://maviedewouf.blogspot.com/
http://michelchienfidele.blogspot.com/

vendredi 11 novembre 2011

Airbone 44, Omaha Beach

 © Philippe JARBINET, Casterman

6 juin 1944, alors que Gavin est à deux doigts de débarquer sur la plage d'Omaha Beach, il se remémore son idylle avec Joanne. Suite aux différents blocus, il n'a plus la moindre nouvelle d'elle. En 1938, ils s'étaient rencontrés sur cette même plage normande. Le jeune américain en vacances et la jeune française se sont jurés de toujours s'aimer.
A travers leur échange épistolaire, Philippe JARBINET dresse deux visions différentes de la guerre. Joanne, vivant de l'intérieur cet enfer et Gavin de l'autre côté de l'atlantique. La première est tentée de s'engager dans la résistance et le second peste après son pays qui tarde à rentrer dans cette guerre.
Après la bataille des Ardennes, Philippe Jarbinet revient avec le premier tome de ce nouveau diptyque sur le débarquement de Normandie. Le travail de recherche est impressionnant. Il maîtrise parfaitement les décors, les faits, les personnages. Grâce à un choix minutieux des  plans et des cadrages, il nous permet de saisir de manière limpide des faits troubles de notre histoire. En outre, il a un véritable don pour mélanger la petite et la grande histoire.
 © Philippe JARBINET, Casterman
A certains moments, il use d'artifices, comme par exemple l'étirement de la narration, pour accentuer la dramatisation du récit. La planche 26 (page 28) est particulièrement réussie.
La beauté des couleurs directes élève ce drame amoureux et historique au rang d'une véritable fresque.





Airbone 44, Omaha Beach, t.3, Philippe JARBINET, Casterman, 2011

mercredi 9 novembre 2011

Hergé cagoulé

Avant © ?
Après © M. Cabanes


L'heure est pour le moins tardive.
Chat Noir et Mercure sont derrière nous. Nonchalamment, nous glissons sur la rue de Marengo. On s'use dans un ultime débat, la tête pleine de souvenirs.
Au niveau de la patte d'oie, il y a un petit groupe arrêté. A hauteur, là devant nous, Hergé cagoulé.
Le bougre nous arrache des gloussements.
La nouvelle œuvre est alors appréciée et interprétée. La cagoule est soignée. Certainement, l'œuvre d'un commando fada, invoquant le dieu Underground. Des adeptes de la ligne pas très claire, anti-gaufrier, fervent défendeur de la tache d'encre… On rentre. 

Le lendemain, la cagoule a disparu. Un mirage. Le sourire de la "Joconde Hergé" n'en est que plus expressif.

Angoulême, 2011
Encore après, peut-être aujourd'hui © ?

lundi 7 novembre 2011

Les Ignorants

© Etienne DAVODEAU, Futuropolis

Enfin, un livre qui parle du vin et de la BD. Nous ne saurions dire si Gutenberg en 1454 inventa la presse à caractère mobile en s'inspirant d'un pressoir à vin, mais il y a comme ça des rapprochements, des parallèles que l'on peut faire aisément entre ces deux territoires alchimiques.
Nous sommes ici en présence de deux maîtres, Etienne DAVODEAU dessinateur de BD et Richard LEROY vigneron. L'un roi du crayon, l'autre du chenin. Chacun ignore tout ou presque du monde de l'autre. 
Partant de ce constat, ils vont partager ensemble de nombreux moments le temps pour l'un de faire un album et pour l'autre une vinification.

© Etienne DAVODEAU, Futuropolis
Davodeau nous assoit en témoins privilégiés de cette rencontre atypique. C'est en intimes que nous les suivons chez Gibrat, Mathieu, Guibert, dans les bureaux de Futuropolis, à St Malo. On s'amuse alors à comparer un tonnelier et un imprimeur, un album et une cuvée, un style et un terroir...
Le lecteur est bercé par des séquences didactiques et d'autres plus légères faites de longues discussions ou l'on peut rire tout à tour, de la naïveté de chacun. On est enjoué par cette complicité qui grandit.
Cette bande dessinée autobiographique entre journal et reportage est réalisée avec un trait vif et rapide. Celui du croquis qui saisit l'instant pur, Davodeau trahit ainsi son exigence de nous transmettre quelque chose d'authentique.
Un ouvrage qui pourrait bien convertir quelques personnes à la BD. Quant à initier les auteurs de BD au vin...

.Les Ignorants : récit d'une initiation croisée, Etienne DAVODEAU, Futuropolis, 2011.